Un enthousiaste porta un toast à Marat; les applaudissements furent modérés, mais tout le monde se leva.
Jacques Mérey se leva comme les autres, mais ne tendit pas son verre, mais ne but pas.
Un fanatique remarqua cette froideur du sergent; il but à la mort des girondins.
Un frisson courut parmi les convives. Ils se levèrent, mais sans applaudir.
Jacques Mérey resta assis.
—Eh! sergent, cria celui qui avait porté le toast, êtes-vous cloué à votre place, par hasard?
Jacques Mérey se leva.
—Citoyen, dit-il, combattant pour la liberté depuis cinq ans, je croyais avoir conquis au moins celle de rester sur ma chaise quand cela me plaisait.
—Mais pourquoi restes-tu sur ta chaise? pourquoi ne bois-tu pas à la mort des traîtres?
—Parce que je quitte Paris, las de voir des concitoyens s'égorger les uns les autres, et que je vais à la frontière pour y tuer le plus de Prussiens que je pourrai. À la place du toast proposé, je porterai donc celui-ci: