«À la vie et à la fraternité de tous les hommes de grand cœur et de bonne volonté, et à la mort de tout ennemi français ou étranger portant les armes contre la France!»
Le toast du sergent fut accueilli par des bravos unanimes, et Jacques Mérey profita de l'enthousiasme qu'il avait excité, il fit signe qu'il voulait parler encore.
Tout le monde se tut.
—Après le toast que j'ai porté, dit-il, après la façon dont il a été accueilli, je ne puis maintenant en proposer qu'un seul:
«À notre départ immédiat et à notre rapide et victorieuse rencontre avec l'ennemi. Battez, tambour!»
On a dû remarquer une chose, c'est qu'en temps de révolution, il n'y a si petit rassemblement d'hommes armés ou même désarmés, qui n'ait son tambour.
Nos volontaires avaient le leur, il se mit à battre la marche, volontaires et gardes nationaux s'embrassèrent, et la petite troupe se mit en marche en chantant la Marseillaise et au cri de Vive la nation!
En quittant Châlons, le sergent Léon Milcent eut encore la joie de faire un dernier signe d'adieu et de remerciement à un homme qui se tenait seul à la fenêtre d'une petite maison isolée.
C'était son hôte de la rue des Marais.
Comme la journée était déjà avancée, on ne fit que cinq lieues ce jour-là, et l'on s'arrêta à Somme-Vesle, c'est-à-dire à la première station après Châlons.