Elle avait pourtant bien besoin du concours de tous ses enfants, cette pauvre France!

Autant que le monde avait besoin d'elle.

Et, en effet, en 1791, la France avait paru au monde rajeunie et épurée; elle semblait dater de l'avènement au trône de Louis XVI et avoir jeté aux égouts de Marly sa robe souillée par Louis XV.

Le nouveau monde la bénissait comme ayant concouru à sa délivrance. Le vieux monde était amoureux d'elle; de tous les États tyranniques—et en 91 la tyrannie était partout—des voix gémissantes l'imploraient; partout où elle eût étendu la main vers les peuples, les peuples si froids et si désenchantés lui eussent serré la main; partout où elle eût mis le pied, elle eût été reçue à genoux!

C'était la trinité sublime de la justice, de la raison et du droit!

C'est qu'à cette époque, la France n'étant pas entrée dans la violence, l'Europe n'était pas entrée dans la haine.

Et, en effet, que voulait la France de 1791?

À l'intérieur, la liberté et la paix pour elle.

À l'extérieur, la paix et la liberté pour les autres nations.

Aussi, que disait l'Allemagne qui battait des mains à chaque pas que faisait la France? «Oh! si la France venait!»