Et alors Jacques Mérey raconta à Beaurepaire qu'il avait rencontré Galbaud, qui venait pour s'enfermer dans Verdun avec un ordre de Dumouriez et un renfort de troupes.
—Morbleu! s'écria Beaurepaire, rien ne peut m'être plus agréable que ce que vous me dites là. C'est la responsabilité qu'il m'enlève et par conséquent la vie qu'il me donne. Commandant en chef de la place, j'avais juré de m'ensevelir sous ses ruines; commandant en second, je suis le sort de tous. Ma femme et mes enfants te doivent une belle chandelle, mon cher Galbaud!
—Mais tu sais que la ville est complètement entourée.
—Oui, et c'est pour cela qu'il faut aider l'entrée de Galbaud par une sortie. J'ai justement là l'homme des sorties, Marceau.
—Prévenez le chef de bataillon Marceau que je l'attends.
On eût dit que le jeune officier avait été magnétiquement averti du désir de son chef, tant il apparut rapidement.
—Marceau, lui dit Beaurepaire, prends trois cents hommes d'infanterie, tous les cavaliers de la garnison, trois compagnies de grenadiers de la garde nationale et ceux des notables de la ville qui voudront t'accompagner en amateurs.
—Je me charge de ceux-là, dit Jacques Mérey.
—Tu viens avec nous? demanda Marceau.