Jacques Mérey et Beaurepaire entrèrent dans un cabinet retiré dont les murailles étaient couvertes de plans de la ville de Verdun.

—Qu'est-ce que ce jeune homme? demanda Jacques Mérey; j'ai presque envie de te demander, ajouta-t-il en riant, quelle est cette jeune fille?

—Cette jeune fille est un de nos plus braves officiers. Il se nomme Marceau. Il est ici comme chef du bataillon d'Eure-et-Loir. Tu le verras au feu.

Jacques Mérey justifia de ses pouvoirs à Beaurepaire et lui demanda quels étaient ses moyens de défense.

—Par ma foi! dit celui-ci, nous pourrions répondre comme les Spartiates: Nos poitrines; comme garnison, 3 000 hommes à peu près; 12 mortiers, dont deux hors de service; 32 pièces de canon de tout calibre, dont deux démontées; 99 000 boulets de 24 et 22 511 de tous calibres. Ajoutez à cela, pour armer des volontaires s'il s'en présente, 143 fusils d'infanterie, 368 de dragons et 71 pistolets.

—Tu sortais du conseil défensif quand je suis arrivé?

—Oui. Il avait d'abord mis la ville en état de siège, ordonné de dépaver les rues et défendu les attroupements sous peine de mort.

—Ces ordres seront-ils exécutés?

—Regarde dans la rue.

—En effet, on commence à dépaver. Très bien. Maintenant, au plus pressé.