Un instant il sembla à Jacques Mérey voir passer, à travers la fumée de la mousqueterie, un cavalier ayant la taille et le visage du marquis de Chazelay. Il l'appela de la voix et le défia du geste; mais le fantôme ne répondit point et rentra dans la fumée d'où un instant il était sorti.
Puis, en ce moment, les Prussiens ayant fait un effort violent, les patriotes furent repoussés. De nouveaux renforts arrivèrent: les rangs ennemis s'épaissirent; tout espoir de faire jonction avec Galbaud disparut, et Marceau, épuisé, couvert du sang de ses adversaires, luttant un contre dix, fut forcé de donner le signal de la retraite.
La petite troupe rentra dans la ville, et Galbaud, renonçant à l'espoir d'entrer dans Verdun, se retira de son côté.
Le bombardement commença le 31 août, à onze heures du soir, et dura jusqu'à une heure du matin. Il ne produisit que peu d'effet, quoique les habitants de la ville haute, quartier aristocratique et clérical, eussent illuminé leurs maisons pour diriger les coups de l'ennemi.
Le 1er septembre, à trois heures du matin, le roi de Prusse vint à la batterie Saint-Michel, et le feu recommença pendant cinq heures.
Quelques maisons commencèrent à s'enflammer.
Quant à l'artillerie verdunoise, elle n'atteignait point les hauteurs où étaient les Prussiens, et par conséquent ne leur faisait aucun mal.
Au reste, un seul assiégé fut tué, c'était un ex-constituant nommé Gillion, qui était venu s'enfermer dans Verdun, à la tête des volontaires de Saint-Mihiel; il fut frappé d'un éclat d'obus sur le quai de la Boucherie.
Cependant, les femmes étaient réunies en foule sur la place de l'Hôtel-de-Ville, où se tenait le conseil défensif en permanence et où Beaurepaire avait un logement séparé de celui de sa femme et de ses enfants.
Ces femmes poussaient de grands cris, demandant aux membres du conseil d'avoir pitié d'elles et de leurs enfants, et de ne pas achever la ruine du pays et des propriétés particulières.