»À Verdun la France reconnaissante.
»Défendez-vous. Je courrai les mêmes dangers que vous, et, s'il le faut, je mourrai avec vous.»
Soutenu par cette double allocution, le conseil exécutif demanda une trêve de vingt-quatre heures pour rendre une réponse définitive à Sa Majesté Frédéric-Guillaume.
On fit revenir le parlementaire et on lui transmit la réponse du comité.
—Messieurs, dit-il, je suis venu demander un oui ou un non, pas autre chose; Sa Majesté le roi de Prusse est pressée.
—Nous n'avons pas d'autre réponse à lui faire, répliqua Beaurepaire; s'il est pressé, qu'il agisse.
—Alors, messieurs, dit le jeune parlementaire, préparez-vous à l'assaut.
—Et vous, dites à votre maître, répliqua Beaurepaire, que si dans l'assaut nous sommes obligés de céder au grand nombre des assiégeants, nous savons où sont les magasins de poudre et nous saurons ouvrir les tombeaux des vainqueurs sur le champ même de leur victoire.
Cette fière réponse porta ses fruits. Les vingt-quatre heures de trêve furent accordées.
Jacques Mérey savait que, dans les circonstances où l'on se trouvait, les heures avaient la valeur des jours, et il espérait pouvoir faire traîner le siège en longueur en l'embarrassant dans d'interminables pourparlers.