—Écrivez, dit Dumouriez. Donnez ordre à Deubouquet de quitter le département du Nord et de venir occuper le Chêne Populeux;—à Dillon, de se mettre en marche entre la Meuse et l'Argonne. Je le suivrai avec le corps d'armée. Il marchera jusqu'aux Islettes, qu'il occupera, ainsi que la Chalade, forçant tout devant lui. Vous m'avez prié de vous employer, docteur; je ne sais pas refuser ces demandes-là aux bons patriotes. Je vous mets au poste du danger; vous serez son guide.
—Merci, dit Jacques, tendant la main à Dumouriez.
—Moi, continua Dumouriez, je me charge de la Croix-aux-Bois et de Grand-Pré. Y êtes-vous?
—Oui, dit Thévenot qui, sous la dictée du général, avait pris l'habitude d'écrire aussi vite que la parole.
—Maintenant, ordre à Beurnonville de quitter la frontière des Pays-Bas, où il n'a rien à faire, et d'être à Rethel le 13 avec dix mille hommes.
—Et maintenant, faites battre le départ et sonner le boute-selle.
Ce dernier ordre fut donné par Dumouriez aux deux frères ou aux deux sœurs Fernig, qui s'élancèrent au grand galop dans la ville.
Un quart d'heure après, l'ordre de Dumouriez était exécuté, et l'on entendait, dominant le brouhaha qu'il occasionnait, les fanfares éclatantes de la trompette et les sourds roulement du tambour.
XXV
La Croix-au-Bois
Deux heures après, toute l'armée était en marche et campait à quatre heures de Sedan.