Le fait était exact, et la chose avait même fait une profonde sensation dans la ville; le décret était du 9, et c'était la première fois qu'il était appliqué.

Il l'avait été dans toute sa rigueur. Aucun des sept accusés n'avait échappé à la peine capitale.

Il demanda les noms de ces malheureux: on les avait oubliés.

Enfin on lui dit qu'un des officiers qui avaient fait partie du conseil de guerre était encore à Mayence, et on lui donna son nom et son adresse.

Jacques Mérey alla le trouver.

L'officier, qui était un capitaine, se rappelait parfaitement que le chef des six cavaliers émigrés avait déclaré se nommer Charles-Louis-Ferdinand de Chazelay; mais, en tout cas, il trouverait le dossier dans les mains du rapporteur, qui était le plus jeune membre du conseil, et qui appartenait comme officier d'ordonnance à la maison militaire du général Custine.

Or, nous l'avons dit, le général était à Francfort.

Jacques Mérey s'était muni des noms du jeune officier, il se nommait Charles André.

Le lendemain, au point du jour, Jacques Mérey se présenta chez le général; il était déjà levé et s'apprêtait à passer une revue de son corps d'armée.

Son titre de représentant du peuple effraya d'abord quelque peu Custine. Custine appartenait comme Dumouriez, par ses antécédents, au parti royaliste, et si son bras avait loyalement combattu, peut-être sa conscience n'avait-elle pas toujours été de l'avis de son bras.