»D. Et vous êtes venu à Mayence pour y prendre de nouveau du service contre la France?
»R. Non pas contre la France, mais contre le gouvernement qui la déshonore.
»D. Vous connaissez le décret de la Convention du 9 octobre, qui condamne à la peine de mort tout émigré pris les armes à la main?
»R. Je le connais mais ne le reconnais pas.
»D. Vous n'avez rien à dire pour votre défense?
»R. Né royaliste et catholique, je meurs royaliste et catholique, c'est-à-dire dans la foi de mes pères.
»Le prévenu éloigné, le conseil a délibéré; mais comme Charles-Louis-Ferdinand, ci-devant seigneur de Chazelay, n'a rien dit qui pût appuyer sa défense, et qu'au contraire il a été pour ainsi dire au-devant du châtiment qu'il avait mérité, il a été condamné à l'unanimité à la peine de mort.
»Le condamné, rappelé devant le conseil, a entendu tranquillement la lecture de son arrêt et a répondu par le cri de "Vive le roi!" à la demande à lui faite s'il n'avait rien à ajouter ou à réclamer.
»Le lendemain, au point du jour, il a été fusillé et enterré dans les fossés de la citadelle.»
Jacques Mérey resta quelque temps absorbé en lui-même par cette lecture.