C'était ce faible mouvement de la main d'une femme mourante qui avait brisé le cœur de cet homme à qui l'on croyait un cœur de bronze.
Dans ce mouvement, si faible qu'il fût, il y avait la séparation éternelle de deux âmes.
Danton, dans un moment de faiblesse, avait promis à Mme Danton de ne pas voter la mort du roi.
Il l'avait non seulement votée sans sursis, sans remise, mais provoquée violemment.
À dix heures et demie du matin, le roi avait été exécuté.
En sortant de la Convention, il était rentré chez lui, avait trouvé sa femme plus mal, avait voulu l'embrasser, et avait été repoussé par elle.
Il ne cherchait plus même à lire dans les yeux du médecin la mort ou la vie.
Même avec la vie, c'était encore la mort pour lui. Cette femme, qu'il aimait avec toute la passion dont son cœur était capable, cette femme qui avait toujours partagé ses caresses quand elle ne les avait pas sollicitées, cette femme l'avait repoussé.
La mère de ses deux enfants l'avait repoussé.
Il y avait donc dans le cœur de cette femme quelque chose de mort avant la mort: c'était son amour pour lui.