Or il y avait un homme qui n'était apparu que deux fois à la Chambre pour y annoncer deux victoires, et qui chaque fois avait été reçu au bruit des applaudissements.
Une troisième fois il s'était levé et était monté à la tribune pour apporter son vote, et son vote, il l'avait formulé d'une voix si ferme, que, quoique ce fût un vote de clémence, il avait été écouté sans murmures.
Il avait dit:
—Je vote pour la prison perpétuelle, parce que ma profession de médecin m'ordonne de combattre la mort, sous quelque aspect qu'elle se présente.
Quelques voix même avaient applaudi.
Cet homme s'asseyait sur les mêmes bancs que la Gironde.
On s'était demandé quel était cet homme, et l'on avait appris que c'était un médecin nommé Jacques Mérey, envoyé par la ville de Châteauroux.
À la suite de cette conversation qui eut lieu au pied du lit de Mme Danton, Danton décida que l'homme qui prendrait la mort de Le Pelletier Saint-Fargeau pour prétexte de l'unité serait Jacques Mérey.
Jacques Mérey accepta le rôle actif qu'il avait joué jusque-là dans la Révolution. On ne lui avait pas encore permis de développer son talent d'orateur.
L'était-il, orateur? Il n'en savait rien lui-même: il allait s'en assurer.