»Unanimité pour le vote des 900 millions d'assignats à émettre; unanimité pour la levée de 300 000 hommes; unanimité pour la déclaration de guerre à cette orgueilleuse Angleterre qui a osé envoyer ses passeports à notre ambassadeur.

»Maintenant la France a compris la grandeur de sa mission. Il ne lui reste pas seulement à défendre la France contre la ligue des rois, il lui reste à fonder l'unité de la patrie, l'indivisibilité de la République. Point de vie sans unité; se diviser, c'est périr!»

Ce que venait de dire Jacques Mérey répondait si complètement à la pensée générale, qu'il fut interrompu par d'unanimes applaudissements.

«La France a trop longtemps souffert de ses divisions sous la prétendue unité royale pour croire à l'unité d'une monarchie, et c'est pour cela qu'elle a voté l'abolition de la royauté, la fondation de la République, la mort du tyran.

»La France ne peut admettre non plus comme applicable à son gouvernement ni l'unité fédérative des États-Unis, ni l'unité fédérative de la Hollande, ni l'unité fédérative de la Suisse.

»Peut-être la chose était-elle possible avec la France divisée en provinces; elle est devenue impossible avec la France divisée en départements.

»Royalisme et fédéralisme sont deux mots sacrilèges. Seul un meurtrier de l'humanité peut les prononcer. Et remarquez bien que jamais ce problème de l'unité n'a été posé devant un grand empire; 89 n'y pensait pas; nous y répondrons tous en 93.

»Le sphinx est là sur la place de la Révolution.

»Devine ou meurs!

»Unité, avons-nous répondu en lui jetant la tête d'un roi.