En entrant dans la salle de la réunion, Lodoïska aperçut Louvet, courut à lui, lui sauta au cou en criant:
—Je t'ai retrouvé, je ne te quitte plus.
Alors, entraînant son amant dans un angle de la salle, elle laissa à Jacques Mérey le soin de tout expliquer.
Alors Jacques Mérey, en omettant seulement sa conférence avec Danton, raconta comment il avait rencontré Lodoïska et ajouta ce qu'il avait vu et entendu.
Alors la majorité des girondins décida qu'il était inutile d'aller braver la mort à la Convention; une séance de nuit était plus dangereuse encore, dans les circonstances où l'on se trouvait, qu'une séance de jour, et, on l'a vu, la séance du jour avait été plus que tumultueuse.
Chacun alors chercha l'asile où il pourrait passer la nuit. Vergniaud et Jacques Mérey déclarèrent que rien ne les empêcherait d'aller à la Convention. Quant à Pétion, au lieu d'aller chercher dehors un asile, après avoir écouté ce que Lodoïska et Louvet lui disaient du péril couru par lui, il alla à la fenêtre, l'ouvrit, étendit la main au-dehors, et, la rentrant toute mouillée:
—Il pleut, dit-il, il n'y aura rien.
Et, quelque supplication qu'on lui fît, il refusa de quitter la maison.
Jacques Mérey, qui était resté plus inconnu que les autres et plus populaire en même temps, parce que c'était lui qui était venu apporter la nouvelle de la victoire de Valmy et de celle de Jemmapes, offrit sa chambre à Louvet et à Lodoïska, à peu près sûr que son logement, où il ne recevait personne, auquel personne ne lui écrivait, était inconnu des assassins.
Puis, lorsqu'il les eut installés chez lui, il marcha droit à la Convention, où il trouva Vergniaud déjà établi sur son banc.