—Eh, pardieu! dit Dumouriez, ma conduite, la voilà!

Et, tirant son sabre, il se mit à la tête d'un régiment de hussards, chargea à fond et s'empara de deux pièces d'artillerie qui l'incommodaient fort.

Danton et Lacroix étaient restés impassibles.

En revenant, Dumouriez les trouva.

—Que faites-vous là? dit-il.

—Nous vous attendons, répondit Danton.

—Ce n'est pas ici votre place, répondit le général; si l'un de vous était tué ou blessé, ce ne serait pas l'ennemi qu'on accuserait, ce serait moi. Allez m'attendre à Louvain; j'y serai ce soir.

Il y avait du vrai dans ce que disait Dumouriez; aussi les deux commissaires revinrent-ils au pas de leurs chevaux, ne voulant pas en presser l'allure de peur qu'on ne crût qu'ils fuyaient.

Dumouriez fut fidèle au rendez-vous.

On comprend que, dès les premiers mots, la conversation prit un ton d'aigreur qui n'était pas propre à avancer la réconciliation du général avec la Montagne.