Les deux opinions étaient tellement éloignées l'une de l'autre, celle de Danton voulant à tout prix garder la Belgique et lui faire accepter nos assignats, et celle de Dumouriez, au contraire, voulant que la Belgique restât libre, qu'il n'y avait pas moyen de s'entendre.
La soirée se passa en récriminations mutuelles. Dumouriez se refusa absolument à désavouer sa lettre; tout ce qu'il fit fut d'écrire ces quelques mots:
«Le général Dumouriez prie la Convention de ne rien préjuger sur sa lettre du 12 mars avant qu'il ait eu le temps de lui en envoyer l'explication.»
Les députés partirent vers minuit avec cette lettre insignifiante.
Le lendemain, il y eut une nouvelle attaque de l'armée impériale; Blierbeck fut attaqué et pris par une colonne de grenadiers hongrois.
Mais elle fut aussitôt chassée, avec perte de plus de la moitié des hommes, par le régiment d'Auvergne, commandé par le colonel Dumas, qui lui prit deux pièces de canon.
Trois attaques successives eurent lieu et furent repoussées. Les Autrichiens, très maltraités, se retirèrent de quelques lieues en arrière.
Mais, dès le matin de la nuit où les commissaires étaient partis, Dumouriez, qui désormais n'avait plus la crainte d'être dérangé dans ses négociations, envoya le colonel Montjoye au quartier général du prince Cobourg.
Il était chargé d'y voir le colonel Mack, chef de l'état-major de l'armée impériale.
Le prétexte était, comme toujours, une suspension d'armes, la nécessité d'échanger les prisonniers et d'enterrer les morts.