Mack laissa entendre qu'il serait heureux de conférer directement avec le général français.
Le lendemain de cette ouverture, le colonel Montjoye retournait au quartier général et invitait, de la part du général Dumouriez, le colonel Mack à venir le même jour à Louvain.
En parlant du colonel, Dumouriez dit dans ses Mémoires: «Officier d'un rare mérite.»
À cette époque, en effet, telle était la réputation de Mack.
C'était un homme de quarante et un ans, d'une famille pauvre née en Franconie, entré au service de l'Autriche dans un régiment de dragons, et qui avait passé par tous les grades avant d'arriver à celui de colonel.
Il avait fait la guerre de sept ans sous le comte de Lacy, et la guerre de Turquie sous le feld-maréchal Landon.
En 92, il avait été envoyé au prince Cobourg, qui lui avait donné le poste de chef d'état-major. N'ayant encore éprouvé à cette époque aucun des désastres qui l'illustrèrent depuis si tristement, il avait la réputation d'un des officiers les plus distingués de l'armée autrichienne.
Voici ce qui fut ostensiblement conclu avec lui:
1º Qu'il y aurait armistice tacite; que, d'après cet armistice tacite, les Français se retireraient sur Bruxelles lentement, en bon ordre et sans être inquiétés.
2º Que les impériaux ne feraient plus de grandes attaques et que le général, de son côté, ne chercherait pas à livrer bataille.