Ce fut alors que Dumouriez pensa à se procurer le plus d'otages possible lui répondant de la vie des prisonniers.
Et, en attendant des otages plus illustres, il commença par remettre au général Clerfayt les deux prisonniers qu'il venait de faire, Lecointre et de Pile.
Le 2 avril au matin, Dumouriez reçut avis par un capitaine de chasseurs à cheval, qu'il avait posté à Pont-à-Marck, que le ministre de la Guerre avait passé, se rendant à Lille, et disant qu'il se rendait près de son ami le général Dumouriez.
Dumouriez fut étonné de cette nouvelle; comment n'était-il pas prévenu?
Cette nouvelle ne pouvait que l'inquiéter dans la situation politique où il se trouvait.
Vers quatre heures de l'après-midi, deux courriers, dont les chevaux étaient couverts d'écume, annoncèrent au général qu'ils ne précédaient que de quelques instants les commissaires de la Convention nationale et le ministre de la Guerre. Les courriers ne doutaient point que les quatre commissaires et le général Beurnonville ne vinssent pour arrêter le général Dumouriez.
Ils précédaient les commissaires et le général à si peu de distance, que ceux-ci arrivèrent au moment même où ils achevaient leur annonce.
Beurnonville entra le premier; Camus, Lamarque, Bancal et Quinette le suivaient.
Le ministre embrassa d'abord Dumouriez, sous lequel il avait servi et qu'il aimait beaucoup; puis il lui montra de la main les commissaires, et lui dit:
—Mon cher général, ces messieurs viennent vous notifier un décret de la Convention nationale.