—Soit! dit Dumouriez. Venez, Valence.
—Seulement la porte restera ouverte, dit Thouvenot.
—La porte restera ouverte, soit, répondit Camus.
Camus présenta alors au général le décret de la Convention qui lui ordonnait de se rendre immédiatement à Paris.
Dumouriez le rendit en haussant les épaules.
—Ce décret est absurde, dit-il; est-ce que je puis quitter l'armée désorganisée, mécontente comme elle l'est? Si je vous suivais, vous n'auriez plus dans huit jours un seul homme sous les drapeaux. Lorsque j'aurai terminé mon travail de réorganisation, ou lorsque l'ennemi ne sera pas à un quart de lieue de moi, j'irai à Paris, moi-même et sans escorte. Je lis du reste dans ce décret que, en cas de désobéissance, vous devez me suspendre de mes fonctions et nommer un autre général. Je ne refuse pas positivement l'obéissance, je demande un retard, voilà tout. Maintenant, décidez ce que vous avez à faire; suspendez-moi si vous voulez; j'ai offert dix fois ma démission depuis trois mois, je l'offre encore.
—Nous sommes compétents pour vous suspendre, dit Camus, mais non pour recevoir votre démission.
—Une fois votre démission donnée, général, demanda Beurnonville, que comptez-vous faire?
—Redevenant libre de mes actions, je ferai ce qu'il me conviendra, répondit Dumouriez; mais je vous déclare, mon cher ami, que je ne reviendrai point à Paris pour me voir avili par les jacobins et condamné par le tribunal révolutionnaire.
—Vous ne reconnaissez donc pas ce tribunal? demanda Camus.