—Où va monsieur, demanda le laquais en fermant la portière.

—Chez moi, dit Gabriel.

La voiture partit aussitôt, gagna le boulevard et tourna à droite.

Je rentrai à l'hôtel, ne sachant point si je dormais ou si je veillais, et croyant quelquefois que tout ce que j'avais vu était un rêve.

Le surlendemain même chose arriva: seulement, cette fois, au lieu d'attendre le départ du coupé à la sortie de l'Opéra, je l'attendis au coin de la rue Lepelletier; le coupé passa à minuit moins quelques minutes; il suivit quelque temps le boulevard, et entra dans la seconde rue à ma droite; j'allai jusqu'à cette rue pour savoir comment elle se nommait: c'était la rue Taitbout.

Le surlendemain j'attendis au coin de la rue Taitbout. De cette façon, je pensais que j'arriverais à voir où s'arrêterait la voiture.

En effet, la voiture entra au numéro onze, preuve de plus qu'il habitait là.

J'arrivai devant la porte au moment où le concierge en refermait les deux battans.

—Que voulez-vous? me dit-il.

—N'est-ce point ici, demandai-je d'une voix à laquelle j'essayais inutilement de donner un accent de fermeté, n'est-ce point ici que demeure monsieur Gabriel Lambert?