—Pas encore tout à fait, car il me reste un espoir.
—Lequel?
—C'est que je trouverai un de nos camarades qui, moyennant que je lui laisserai tout ce que j'ai et une lettre constatant que je me suis détruit moi-même, consentira à me tuer.
En même temps il me regardait comme pour me demander si cette proposition ne m'allait pas.
Je secouai la tête.
—Oh non! lui dis-je, je ne donne pas là-dedans, moi, et le raisiné me fait peur; il fallait demander cela à Accacia; c'était pour un coup dans le genre de celui-là qu'il était ici, et, peut-être qu'en prenant bien toutes ses précautions, il eût accepté; mais, avec moi, cela est impossible.
—Au moins une fois que je serai bien décidé à me tuer, tu m'aideras dans mon projet?
—C'est-à-dire que je ne vous empêcherai pas de l'accomplir, voilà tout. Diable! je ne suis qu'à temps, moi, et je ne veux pas me compromettre.
Nous en restâmes là de la conversation.
Près de six mois s'écoulèrent encore, pendant lesquels il ne fut plus un instant question de rien entre nous.