—Vinceslas, duc d'Amalfi.
—Après?
—Hugues, comte de Potenza.
—Après?
—Luigi, comte de Mélito; Henri, comte de Terranova; Gasparo, comte de Matera....
—Assez! Que me veux-tu donc, vieillard, avec cette longue et terrible liste de victimes? Les morts t'ont-ils chargé de réclamer leur vengeance?
—Et que me font à moi tous les Sanseverini massacrés dans un fossé et jetés aux chiens du château! Que me font à moi tous les nobles dont la tête à roulé sur l'échafaud! Que me fait à moi tout le sang versé par son ordre! s'écria le vieillard perdant tout à fait la raison. On m'a tué un fils on m'en torture un autre, entends-tu, Ladislas? et cela par les ordres de Pandolfo Alopo, et cela avec la permission et le consentement de ta sœur!... Voilà mes griefs, à moi! voilà les crimes dont je demande justice!
—Prends garde! répondit le roi d'un air terrible, tant que tu m'as accusé, moi, je t'ai laissé parler; mais tu accuses Jeanne, ma sœur bien-aimée, tu accuses les plus grands personnages de la cour; malheur à toi, vieillard, si tu n'as pas de preuves pour soutenir ton accusation!
—Des preuves! N'est-il pas à la connaissance de la ville entière qu'il ne manque plus à Pandolfello que le titre de roi pour régner à ta place? Ne m'a-t-il pas renversé dans la boue, ce lâche bâtard qui me doit la vie et la faveur dont il jouit au château? N'a-t-on pas repêché ici, au même endroit que tu foules de ton pied, le cadavre de mon fils? Des preuves! Fais-toi donc ouvrir les portes de la prison, et si on ne s'est pas empressé de l'assassiner lorsque ta galère à paru, pour se défaire d'un témoin dangereux, tu verras mon pauvre enfant, mon dernier, mon seul espoir, les pieds rivés dans des entraves, les bras chargés de fer, les membres brisés par la torture.
Tout cela constitue des présomptions graves, dit le roi d'un air glacial, mais rien ne me prouve encore que ce soit Pandolfo Alopo qui s'est rendu coupable de l'assassinat de ton fils.