Cette horrible sentence fut exécutée littéralement. Après le supplice, le peuple se rua sur le bûcher, et s'empara des os de Pandolfello pour en faire des sifflets et des manches de fouet.
Un homme avait assisté à cette scène affreuse, hissé péniblement sur le parapet d'un pont et soutenu par un groupe de pêcheurs. L'œil fixe, la bouche entr'ouverte, la poitrine haletante, il n'avait pas perdu un seul détail de l'horrible exécution.
Cet homme, c'était Giordano Lancia.
Lorsque tout fut fini, le pauvre vieillard, dont la raison avait déjà reçu de si rudes atteintes, saisit un moment où personne ne faisait attention à lui et s'élança d'un seul bond à la mer, s'écriant avec un immense éclat de rire:
—Mes amis, venez me repêcher à mon tour!
[INVRAISEMBLANCE]
Un matin, à peine étais-je réveillé que mon domestique entra dans ma chambre, m'apportant une lettre sur laquelle il y avait pressé. Il ouvrit le rideau; le jour, qui s'était probablement trompé, était beau, et le soleil entra chez moi splendide comme un conquérant. Je me frottai les yeux pour voir de qui pouvait venir cette lettre, tout en m'étonnant de n'en recevoir qu'une. L'écriture m'était complètement inconnue. Après l'avoir longtemps retournée pour deviner la signature, je l'ouvris, et voici ce qu'il y avait:
«Monsieur,
»J'ai lu les Trois Mousquetaires, car je suis riche et j'ai beaucoup de temps à moi....»
—Voilà un monsieur bien heureux! me dis-je, et je continuai: