«Je vous avouerai que cela m'a assez amusé; mais j'ai eu la curiosité de savoir, ayant beaucoup de temps devant moi, si vous les aviez réellement pris dans les Mémoires de M. de La Fère. Comme j'étais à Carcassonne, j'écrivis à l'un de mes amis demeurant à Paris d'aller à la Bibliothèque, de demander ces Mémoires, et de m'écrire si réellement vous leur avez emprunté ces détails. Mon ami, qui est un homme sérieux, me répondit que vous les aviez copiés mot à mot, et que, vous autres auteurs, vous n'en faisiez jamais d'autres. Je vous préviens donc, monsieur, que j'ai dit cela à Carcassonne, et que nous nous désabonnerons au Siècle si cela continue.
J'ai l'honneur de vous saluer.
D *** B
Je sonnai.
—S'il me vient des lettres aujourd'hui, vous les garderez, dis-je au domestique, et vous ne me les donnerez que le jour où vous me verrez trop gai.
—Les manuscrits en sont-ils, monsieur?
—Pourquoi cela?
—C'est qu'on vient d'en apporter un à l'instant.
—Bien; il ne manquait plus que cela! Mettez-le dans un endroit où il ne puisse pas se perdre, mais ne me montrez pas cet endroit.
Il le mit sur la cheminée, ce qui me prouva que, décidément, mon domestique était plein d'intelligence.
Il était dix heures et demie; je me mis à la fenêtre: le jour, comme je l'ai dit, était superbe; le soleil semblait pour jamais vainqueur des nuages. Tous les gens qui passaient avaient l'air heureux ou du moins contents.
J'éprouvai, comme tout le monde, le désir de prendre l'air autre part qu'à ma fenêtre, je m'habillai et je sortis.