Le hasard fit, car lorsque je prends l'air, peu m'importe que ce soit dans une rue ou dans une autre, le hasard fit, dis-je, que je passai devant la Bibliothèque.

Je montai; je trouvai, comme toujours, Pâris qui vint à moi avec un sourire charmant.

—Donnez-moi donc, lui dis-je, les Mémoires de La Fère.

Il me regarda un instant, comme s'il eût eu à répondre à un fou; puis, avec le plus grand sang-froid, il me dit:

—Vous savez bien qu'ils n'existent pas, puisque c'est vous qui avez dit qu'ils existaient!

Ce discours, tout concis qu'il était, me parut plein de sève; et, pour remercier Pâris, je lui fis don de l'autographe que j'avais reçu de Carcassonne.

Quand il eut fini de lire:

—Consolez-vous, me dit-il, vous n'êtes pas le premier qui venez demander les Mémoires de La Fère; j'ai déjà vu au moins trente personnes qui ne sont venues que pour cela, et qui doivent vous haïr de les avoir dérangées pour rien.

J'avais besoin d'une nouvelle, et, puisque j'étais à la Bibliothèque, et qu'il y a des gens qui affirment qu'on y trouve des romans tout faits, je demandai le catalogue.

Il n'y avait rien, bien entendu.