—Un coup de sabre à mon fils? un coup de sabre à mon Georges? Georges, mon enfant chéri? s'écria Pierre Munier en s'élançant vers son fils. Est-ce vrai que tu es blessé?
—Ce n'est rien, mon père, dit Georges.
—Comment! ce n'est rien, s'écria Pierre Munier; mais tu as le front ouvert. Monsieur, reprit-il en se tournant vers M. de Malmédie, mais, voyez, Jacques disait vrai; votre fils a failli tuer le mien.
M de Malmédie se retourna vers Henri, et, comme il n'y avait pas moyen de résister à l'évidence:
—Voyons, Henri, dit le chef de bataillon, comment la chose est-elle arrivée?
—Papa, dit Henri, ce n'est pas ma faute j'ai voulu avoir le drapeau pour te l'apporter, et ce vilain n'a pas voulu me le donner.
—Et pourquoi n'as-tu pas voulu donner ce drapeau à mon fils, petit drôle? demanda M. de Malmédie.
—Parce que ce drapeau n'est ni à votre fils, ni à vous ni à personne; parce que ce drapeau est à mon père.
—Après? demanda M. de Malmédie continuant d'interroger Henri.
—Après, voyant qu'il ne voulait pas me le donner, j'ai essayé de le prendre. C'est alors que ce grand brutal est venu, qui m'a donné un coup de poing dans la figure.