Ces acteurs lui importaient peu, il n'était pas venu pour les voir, il était venu pour voir Arsène.
La toile se leva sur le second acte, et le ballet commença.
Toute l'intelligence, toute l'âme, tout le cœur du jeune homme étaient suspendus.
Il attendait l'entrée d'Arsène.
Tout à coup Hoffmann jeta un cri.
Ce n'était plus Arsène qui remplissait le rôle de Flore.
La femme qui apparaissait était une femme étrangère, une femme comme toutes les femmes.
Toutes les fibres de ce corps haletant se détendirent; Hoffmann s'affaissa sur lui-même en poussant un long soupir, et regarda autour de lui.
Le petit homme noir était à sa place; seulement il n'avait plus ses boucles en diamants, ses bagues en diamants, sa tabatière à tête de mort en diamants.
Ses boucles étaient en cuivre, ses bagues en argent doré, sa tabatière en argent mat. Il ne chantonnait plus, il ne battait plus la mesure. Comment était-il venu là? Hoffmann n'en savait rien: il ne l'avait ni vu venir, ni senti passer.