—Oh! merci, monsieur, mille fois merci! s'écria le poète, et, s'emparant des trois pièces d'or, il disparut.
Le changeur reprit silencieusement sa lecture après avoir déposé le médaillon dans un coin de son tiroir.
Ce n'est pas à cet homme que fût venue l'idée d'aller risquer son or contre l'or du 113.
Le joueur est si près d'être sacrilège, qu'Hoffmann, en jetant sa première pièce d'or sur le n° 26, car il ne voulait les risquer qu'une à une, qu'Hoffmann, disons-nous, prononça le nom d'Antonia.
Tant que la bille tourna Hoffmann n'eut pas d'émotions; quelque chose lui disait qu'il allait gagner.
Le 26 sortit.
Hoffmann, rayonnant, ramassa trente-six louis.
La première chose qu'il fit fut d'en mettre trois à part dans le gousset de sa montre pour être sûr de pouvoir reprendre le médaillon de sa fiancée, au nom de laquelle il devait évidemment ce premier gain. Il laissa trente-trois louis sur le même numéro, et le même numéro sortit.
C'étaient donc trente-six fois trente-trois louis qu'il gagnait, c'est-à-dire onze cent quatre-vingt-huit louis, c'est-à-dire plus de vingt-cinq mille francs.
Alors Hoffmann, puisant à pleines mains dans le Pactole solide, et le prenant par poignées, joua au hasard, à travers un éblouissement sans fin. À chaque coup qu'il jouait, le monceau de son gain grossissait, semblable à une montagne sortant tout à coup de l'eau.