—Au moment de nous séparer, Théodore, n'avez-vous pas quelque chose à dire à mon père?

—Oui, vous avez raison. Mais, en vérité, je vous avoue, Antonia, que j'hésite, que je tremble. Mon Dieu! que suis-je donc pour oser espérer?

—Vous êtes l'homme que j'aime, Théodore. Allez trouver mon père, allez.

Et, faisant à Hoffmann un signe de la main, elle ouvrit la porte d'une petite chambre transformée par elle en oratoire.

Hoffmann la suivit des yeux jusqu'à ce que la porte fût refermée, et, à travers la porte, il lui envoya, avec tous les baisers de sa bouche, tous les élans de son cœur.

Puis il entra dans le cabinet de maître Gottlieb.

Maître Gottlieb était si bien habitué au pas d'Hoffmann, qu'il ne souleva même pas les yeux de dessus le pupitre où il copiait le Stabat. Le jeune homme entra et se tint debout derrière lui.

Au bout d'un instant, maître Gottlieb n'entendant plus rien, même la respiration du jeune homme, maître Gottlieb se retourna.

—Ah! c'est toi, garçon, dit-il en renversant sa tête en arrière pour arriver à regarder Hoffmann à travers ses lunettes. Que viens-tu me dire?

Hoffmann ouvrit la bouche, mais il la referma sans avoir articulé un son.