—Es-tu devenu muet? demanda le vieillard; peste! ce serait malheureux; un gaillard qui en découd comme toi lorsque tu t'y mets ne peut pas perdre la parole comme cela, à moins que ce ne soit par punition d'en avoir abusé!
—Non, maître Gottlieb, non je n'ai point perdu la parole, Dieu merci! Seulement, ce que j'ai à vous dire....
—Eh bien!
—Eh bien!... me semble chose difficile.
—Bah! est-ce donc bien difficile que de dire: maître Gottlieb, j'aime votre fille?
—Vous savez cela, maître Gottlieb?
—Ah ça! mais je serais bien fou, ou plutôt bien sot, si je ne m'en étais pas aperçu, de ton amour.
—Et cependant, vous avez permis que je continuasse de l'aimer.
—Pourquoi pas? puisqu'elle t'aime.
—Mais, maître Gottlieb, vous savez que je n'ai aucune fortune.