—Il y a que notre père se meurt, dit le Sicilien.

Et, comme l'église était trop pleine de monde pour qu'il pût y entrer, l'homme s'agenouilla sur les degrés et dit tout haut en se frappant la poitrine:

—Sainte mère de Dieu! offre ma vie à ton divin fils, si la vie d'un pauvre pécheur comme moi peut racheter la vie de notre vice-roi bien-aimé.

—Oh! s'écria Luisa, entends-tu, bon ami? c'est pour mon père qu'on prie, c'est mon père qui se meurt... Courons! courons!

XV

LE PÈRE ET LA FILLE.

Cinq minutes après, le chevalier San-Felice et Luisa étaient à la porte du vieux palais de Roger, situé à l'extrémité de la ville opposée au port.

Le prince ne recevait plus personne. Aux premières atteintes du mal, sous prétexte d'affaires à régler, il avait envoyé à Naples sa femme et ses enfants.

Voulait-il leur épargner le spectacle de sa mort? mourir entre les bras de celle dont il avait été séparé pendant toute sa vie?

S'il pouvait nous rester des doutes sur ce point, la lettre adressée par le prince Caramanico au chevalier San-Felice suffirait à les dissiper.