Le premier évêché qui vint à vaquer fut celui de Monopoli, dans la terre de Bari, sur l'Adriatique.

Comme d'habitude, le grand aumônier présenta au roi trois candidats, de grande maison tous trois, pour remplir cette place; mais le roi Ferdinand, secouant la tête:

—Pardieu! dit-il, depuis que vous êtes chargé des présentations, vous m'avez fait donner assez de mitres à des ânes auxquels il eût suffi de mettre des bâts; il me plaît aujourd'hui de faire un évêque de ma façon, et j'espère qu'il vaudra mieux que tous ceux que vous m'avez mis sur la conscience, et pour la nomination desquels je prie Dieu et saint Janvier de me pardonner.

Et, biffant les trois noms, il écrivit celui du père Fosco.

Le père Fosco fut, ainsi que l'avait prévu Ferdinand, un des évêques les plus remarquables du royaume, et, comme, un jour, quelqu'un qui l'avait entendu prêcher faisait compliment au roi, non-seulement sur l'éloquence, mais encore sur la conduite exemplaire de l'ex-cordelier:

—Je les choisirais bien toujours ainsi, répondit Ferdinand; mais, jusqu'à présent, je n'ai connu qu'un seul homme de mérite parmi les gens d'Église; le grand aumônier ne me propose que des ânes pour évêques. Que voulez-vous! le pauvre homme ne connaît que ses confrères d'écurie.

Ferdinand avait parfois une bonhomie de caractère qui rappelait celle de son aïeul Henri IV.

Un jour qu'il se promenait dans le parc de Caserte en habit militaire, une paysanne s'approcha de lui et lui dit:

—On m'a assuré, monsieur, que le roi se promenait souvent dans cette allée; savez-vous si j'ai chance de le rencontrer aujourd'hui?

—Ma bonne femme, lui répondit Ferdinand, je ne puis vous indiquer quand le roi passera; mais, si vous avez quelque demande à lui faire, je puis me charger de la lui transmettre, étant de service près de lui.