Dominique Cirillo lui offrit, s'il voulait dire la vérité, de l'indemniser personnellement de la perte qu'amènerait pour lui la connaissance de cette vérité.

Le chirurgien persista dans son dire.

Cirillo vit qu'il y avait deux fourbes à démasquer au lieu d'un.

Il se procura plusieurs des pierres rejetées par la sainte, les examina, se convainquit que les unes étaient de simples cailloux ramassés au bord de la mer, les autres de la terre calcaire durcie, les autres, enfin, des pierres ponces; aucune n'était du genre de celles qui peuvent se former dans le corps humain à la suite de la pierre ou de la gravelle.

Le savant, ses pierres en main, fit une nouvelle démarche près du chirurgien; mais celui-ci s'entêta à soutenir sa sainte.

Cirillo comprit qu'il fallait en finir par un grand acte de publicité.

Comme son talent et son autorité dans la science médicale mettaient en quelque sorte tous les hôpitaux sous sa juridiction, il fit, un beau matin, irruption dans le grand hôpital, suivi de plusieurs médecins et chirurgiens qu'il avait réunis à cet effet, entra dans la chambre de la sainte et visita son produit de la nuit.

Elle avait quatorze pierres à mettre à la disposition des fidèles.

Cirillo la fit enfermer et veiller pendant deux ou trois jours, et elle continua de produire des pierres selon son habitude; seulement, le nombre des pierres variait, mais toutes étaient de la même nature que celle que nous avons dites.

Cirillo recommanda à l'élève qu'il avait mis de garde auprès d'elle de la surveiller avec le plus grand soin: celui-ci remarqua que la sainte tenait habituellement les mains dans ses poches, et, de temps en temps, les portait à sa bouche, comme quelqu'un qui mangerait des pastilles.