A cette apostrophe inattendue, faite d'une voix aiguë et stridente, un frisson passa par les veines de la jeune femme, et elle se repentit presque d'avoir appelé Nanno.
—Il est encore temps, dit celle-ci, comme si aucune pensée ne pouvait échapper à son oeil avide et pénétrant. La porte qui nous a donné entrée est encore ouverte, et la vieille Nanno a trop souvent dormi sous l'arbre de Bénévent pour n'être pas habituée au vent, au tonnerre et à la pluie.
—Non, non, murmura la jeune femme. Puisque vous voilà, restez!
Et elle tomba assise sur le fauteuil placé près de la table, la tête renversée en arrière et exposée à toute la lumière de la lampe.
La sorcière fit deux pas de son côté, et, comme se parlant à elle-même:
—Cheveux blonds et yeux noirs, dit-elle: grands, beaux, clairs, humides, veloutés, voluptueux.
La jeune femme rougit et couvrit son visage de ses deux mains.
—Nanno! murmura-t-elle.
Mais celle-ci ne parut pas l'entendre, et, s'attaquant aux mains qui empêchaient qu'elle ne poursuivit l'examen du visage, elle continua:
—Les mains sont grasses, potelées; la peau en est rosée, douce, fine, mate et vivante tout à la fois.