—Cette personne appartient-elle à la science? demanda Cirillo.

—Non; mais elle a prétendu avoir des secrets pour guérir.

—Quelque charlatan, alors.

—Non; mais excusez-moi, cher docteur, je suis si troublée, que ma pauvre tête se perd; mon frère de lait, Michele, celui qu'on appelle Michele il Pazzo, vous le connaissez, je crois?

—Oui, et, par parenthèse, je vous dirai même: défiez-vous de lui! c'est un royaliste enragé devant lequel je n'oserais point passer si j'avais des cheveux taillés à la Titus, et si je portais des pantalons au lieu de porter des culottes: il ne parle que de brûler et de pendre les jacobins.

—Oui; mais il est incapable de trahir un secret dans lequel je serais pour quelque chose.

—C'est possible; nos hommes du peuple sont un composé de bon et de mauvais; seulement, chez la plupart d'entre eux, le mauvais l'emporte sur le bon. Vous disiez donc que votre frère de lait Michele...?

—Sous prétexte de me faire dire ma bonne aventure,—je vous jure, mon ami, que c'est lui qui a eu cette idée et non pas moi,—m'avait amené une sorcière albanaise. Elle m'avait prédit toute sorte de choses folles, et elle était là enfin quand j'ai recueilli ce malheureux jeune homme, et c'est elle qui, avec des herbes dont elle prétend connaître la puissance, a arrêté le sang et posé le premier appareil.

—Hum! fit Cirillo avec inquiétude.

—Quoi?