Alors, l'amiral, pensant qu'il fallait donner à ce spectacle populaire toute la solennité dont il était susceptible, prit son porte-voix et cria:
—Tout le monde sur les vergues!
Au bruit du sifflet du contre-maître, on vit alors deux cents hommes s'élancer d'un seul bond, monter dans les agrès comme une troupe de singes et se ranger sur les vergues, depuis les plus basses jusqu'aux plus hautes, tandis qu'au son du tambour les soldats de marine se rangeaient en bataille sur le pont faisant face au quai.
Les spectateurs, on le pense bien, ne demeurèrent pas indifférents à tous ces préparatifs, qui s'exécutaient, en manière de prologue du grand drame qu'ils étaient venus voir représenter. Ils battirent des mains, agitèrent leurs mouchoirs, et crièrent selon qu'ils étaient plus ou moins dévots au fondateur de l'ordre des capucins, les uns: Vive saint François, les autres: Vive Caracciolo!
Caracciolo, il faut le dire, était à Naples presque aussi populaire que saint François.
Les douze barques qui avaient amené les capucins formèrent alors un grand hémicycle, s'allongeant de la poupe à la proue de la Minerve, réservant un grand espace vide entre elles et la carène du bâtiment.
Caracciolo jeta alors les yeux sur son ancien marin, et, le voyant parfaitement résolu:
—Cela va toujours? dit-il.
—Plus que jamais, mon amiral! répondit celui-ci.
—Tu ne veux pas ôter ta robe et ton cordon? Ce serait toujours une chance de plus.