—Non, mon amiral; car il faut que ce soit le moine qui accomplisse le voeu du marin.

—Tu n'as pas de recommandations à me faire, dans le cas où les choses tourneraient mal?

—Dans ce cas, Excellence, je vous prierais d'être assez bon de faire dire une messe pour le repos de mon âme. Ils m'ont promis d'en dire des centaines; mais je les connais, mon amiral. Moi mort, il n'y en a pas un qui remuerait le bout du doigt pour me tirer du purgatoire.

—Je t'en ferai dire non pas une, mais dix.

—Vous me le promettez?

—Foi d'amiral!

—C'est tout ce qu'il faut. A propos, mon commandant, faites-les dire, s'il vous plaît, car je présume que la chose vous sera indifférente, non pas au nom d'Esposito, mais à celui de frère Pacifique. Il y a tant d'Esposti à Naples, que mes messes seraient escroquées au passage, et que le bon Dieu ne s'y reconnaîtrait pas.

—Tu t'appelles donc fra Pacifico, maintenant?

—Oui, mon amiral; c'est un frein que j'ai voulu me donner à moi-même contre mon ancien caractère.

—N'as-tu pas peur, au contraire, que, sous ce nouveau nom, Dieu, qui n'a pas encore eu le temps de t'apprécier, ne te reconnaisse pas?