Enfin, parti de la circonférence, il arriva au centre, et, arrivé là, jeta un cri.
Il se trouvait en face d'un bûcher composé de bois de toute espèce, sur lequel, sanglant, évanoui, mutilé, son frère était couché à moitié nu. Il n'y avait point à le méconnaître, il n'y avait point à dire: «Ce n'est pas lui.» Non, non! c'était bien lui, don Clemente, l'enfant de son coeur, le frère de ses entrailles!
Le duc ne comprit qu'une chose et il n'avait besoin de comprendre que celle-là: c'est que ces tigres qui rugissaient, c'est que ces cannibales qui hurlaient, c'est que ces démons qui riaient et chantaient autour de ce bûcher étaient les assassins de son frère.
Il faut rendre cette justice au duc que, croyant son frère mort, il n'eut pas un seul instant l'idée de lui survivre; la possibilité ne s'en présenta même point à son esprit.
—Ah! misérables! traîtres et lâches assassins! Ah! bourreaux immondes! s'écria-t-il, vous ne pourrez pas du moins nous empêcher de mourir ensemble!
Et il se jeta sur le corps de son frère.
Toute la bande hurla de joie: elle avait deux victimes au lieu d'une, et, au lieu d'une victime insensible inerte, aux trois quarts morte, une victime vivante, sur laquelle on pouvait épuiser les tortures en les prolongeant.
Domitien disait en parlant des chrétiens:
«Ce n'est point assez qu'ils meurent; il faut qu'ils se sentent mourir.»
Le peuple de Naples est, sous ce rapport, le digne héritier de Domitien.