Note 8: [(retour) ]
Souvent, dans les duels au couteau, si communs dans l'Italie méridionale, on convient à combien de pouces de fer on se battra; un morceau de liége au travers duquel passe la lame, mesure en ce cas les différentes longueurs.
—A toute la lame, répondit Pezza. De cette façon, il n'y aura pas moyen de tricher.
—Au premier ou au second sang? demanda Peppino.
—A mort! répondit Pezza.
Ces mots, comme des éclairs sinistres, s'étaient croisés au milieu d'un silence sépulcral.
Chaque combattant dépouilla sa veste et la roula autour du bras gauche, pour s'en faire un bouclier; puis Peppino et Michele marchèrent l'un contre l'autre.
Les spectateurs formaient un cercle au milieu duquel se trouvèrent isolés les deux adversaires; le même silence continua, car on comprit qu'il allait se passer quelque chose de terrible.
Si jamais deux natures furent opposées, c'étaient celles de ces deux rivaux: l'une était toute musculaire, l'autre était toute nerveuse; l'un devait combattre à la manière du taureau, l'autre, à la manière du serpent.
Peppino attendit Michele, replié sur lui-même, la tête dans les épaules, les deux bras en avant, le sang au visage et en injuriant son adversaire.
Michele s'avança lentement, silencieusement, pâle jusqu'à la lividité; ses yeux, bleu verdâtre, semblaient avoir la fascination de ceux du boa.