Plus, subsidiairement, l'ambassadeur raconta l'accident arrivé à sa voiture entre Castellone et Itri, comment cet accident l'avait forcé de s'arrêter chez le charron don Antonio; comment il avait rencontré les vieilles princesses avec leur escorte, qu'il avait empêchée d'aller plus loin; comment il avait assisté au meurtre du gendre de don Antonio par un jeune homme appelé fra Diavolo, qui, selon l'habitude, avait été chercher dans la montagne, en se faisant bandit, l'impunité de son crime, et comment enfin il avait démonté le brigadier Martin, qu'il avait laissé à Itri pour lui ramener sa voiture, tandis qu'il en louait une autre à Fondi, avec laquelle il venait d'arriver à Rome, sans autre accident qu'un retard de six heures.

Le brigadier Martin et les quatre hommes d'escorte arriveraient, selon toute probabilité, dans la journée du lendemain.

Championnet avait laissé l'ambassadeur aller jusqu'au bout sans l'interrompre, espérant toujours entendre un mot sur son envoyé; mais, le citoyen Garat ayant terminé son récit sans prononcer le nom de Salvato Palmieri, Championnet commença à craindre que l'ambassadeur ne fût déjà parti de Naples quand son aide de camp y était arrivé, et qu'ils ne se fussent, par conséquent, croisés en route.

Le général en chef, fort inquiet et ne sachant pas ce qui avait pu arriver à Salvato après le départ de l'ambassadeur, allait lui adresser une série de questions sur ce point, quand un bruit qui se faisait dans l'antichambre attira son attention; au même instant, la porte s'ouvrit et le soldat de planton annonça qu'un homme vêtu en paysan voulait absolument parler au général.

Mais, dominant la voix du planton, une autre voix vigoureusement accentuée s'écria:

—C'est moi, mon général, moi, Ettore Caraffa. Je vous apporte des nouvelles de Salvato.

—Laissez entrer, morbleu! laissez entrer, cria à son tour Championnet. J'allais justement en demander au citoyen Garat. Venez, Hector, venez! vous êtes deux fois le bienvenu.

Le comte de Ruvo se précipita dans la salle et sauta au cou du général.

—Ah! mon général, mon cher général! s'écria-t-il, que je suis content de vous revoir!

—Vous parliez de Salvato, Hector? Quelles nouvelles nous apportez-vous de lui?