—Bonnes et mauvaises tout ensemble: bonnes puisqu'il devrait être mort et qu'il ne l'est pas; mauvaises en ce que, pendant son évanouissement, ils lui ont volé la lettre que vous lui aviez donnée pour le citoyen Garat.

—Vous lui aviez donné une lettre pour moi? demanda Garat.

Hector se retourna.

—Ah! c'est vous, monsieur, qui êtes l'ambassadeur de la République? demanda-t-il à Garat.

Garat s'inclina.

—Mauvaises nouvelles! mauvaises nouvelles! murmura Championnet.

—Et pourquoi? comment? Expliquez-moi cela, fit l'ambassadeur.

—Eh! mon Dieu, voici: nous ne sommes point en mesure de nous battre, je vous l'écrivais; je vous disais dans ma lettre que nous manquions de tout, d'hommes, d'argent, de pain, de vêtements, de munitions. Je vous priais de faire tout ce que vous pourriez pour maintenir quelque temps encore la paix entre le royaume des Deux-Siciles et la République; il paraît que mon messager est arrivé trop tard, que vous étiez déjà parti, qu'il a été blessé, que sais-je, moi? Racontez-nous tout cela, Hector. Si ma lettre est tombée entre leurs mains, c'est en vérité un grand malheur; mais un malheur plus grand encore, ce serait que mon cher Salvato mourût de ses blessures; car vous m'avez dit qu'il était blessé, n'est-ce pas, qu'ils avaient voulu l'assassiner, quelque chose comme cela enfin?

—Et ils y ont réussi aux trois quarts! Il avait été épié, suivi; on l'attendait au sortir du palais de la reine Jeanne, à Mergellina, six hommes! Vous comprenez bien, vous qui connaissez Salvato, qu'il ne s'est pas laissé égorger comme un poulet: il en a tué deux et blessé deux autres; mais enfin un des sbires, leur chef, je crois, Pasquale de Simone, le tueur de la reine, lui a lancé son couteau, le couteau lui est entré jusqu'au manche dans la poitrine.

—Et où, comment est-il tombé?