—Bon! ne craignez rien, dit le roi, je sais à qui j'ai affaire, et puis je ne le gratterai que tant qu'il me tendra la tête.
—Je disais donc, reprit Mack, que le gros de nos troupes, vingt mille hommes à peu près, est à San-Germano, et que les quarante mille autres sont campés sur le Tronto, à Sessa, à Tagliacozzo et à Aquila. Dix mille hommes traversent le Tronto et chassent la garnison française d'Ascoli, dont ils s'emparent, et s'avancent sur Fermo par la voie Émilienne. Quatre mille hommes sortent d'Aquila, occupent Rieti et se dirigent sur Terni; cinq ou six mille descendent de Tagliacozzo à Tivoli pour faire des courses dans la Sabine; huit mille autres partent du camp de Sessa et pénètrent dans les États romains par la voie Appienne; six mille autres enfin s'embarquent, font voile pour Livourne et coupent la retraite aux Français, qui se retirent par Perugia.
—Qui se retirent par Perugia... Le général Mack ne nous dit pas précisément, comme le citoyen Buonaparte, où il battra l'ennemi; mais il nous dit par où il se retire.
—Eh bien, si fait, dit Mack triomphant, je vous dis où je bats l'ennemi.
—Ah! voyons cela, dit le roi, qui paraissait prendre presque autant de plaisir à la guerre qu'il en eût pris à la chasse.
—Avec Votre Majesté et vingt ou vingt-cinq mille hommes, je pars de San-Germano.
—Vous partez de San-Germano avec moi.
—Je marche sur Rome.
—Avec moi toujours.
—Je débouche par les routes de Ceperano et de Frosinone.