—Oui, j'entends, dit le roi. Continuez, monsieur le cardinal.

Le cardinal reprit:

«Nous n'avons que cinq pièces de canon et un parc de quatre bouches à feu; notre manque de fusils est tel, que je n'ai pu armer deux bataillons de volontaires que je comptais employer contre les insurgés qui nous enveloppent de tous côtés...»

La reine échangea un nouveau signe avec Mack et Nelson.

«Nos forteresses ne sont pas en meilleur état que nos arsenaux; dans aucune d'elles les boulets et les canons ne sont du même calibre; dans quelques-unes, il y a des canons et pas de boulets; dans d'autres, des boulets et pas de canons. Cet état désastreux m'explique les instructions du Directoire que je vous transmets afin que vous vous y conformiez.

»Repousser par les armes toute agression hostile dirigée contre la république romaine et porter la guerre sur le territoire napolitain, mais dans le cas seulement où le roi de Naples exécuterait ses projets d'invasion depuis si longtemps annoncés...»

—Vous entendez, sire, dit la reine. Avec 8,000 hommes, cinq pièces de canon et 180,000 cartouches, je crois que nous n'avons pas grand'chose à craindre de cette guerre.

—Continuez, éminentissime, dit le roi se frottant les mains.

—Oui, continuez, dit la reine, et vous verrez ce que le général français pense lui-même de sa position.

«Or, continua le cardinal, avec les moyens qui sont à ma disposition, citoyen ambassadeur, vous comprenez facilement que je ne pourrais pas repousser une agression hostile, à plus forte raison, porter la guerre sur le territoire napolitain...»