Ruffo se rapprocha du roi.
—Votre Majesté a lu? dit-il.
—Pardieu! fit le roi. Et vous?
—Moi aussi.
—Qu'en dites-vous?
—Je dis, sire, que la lettre est formelle. Les nouvelles que l'empereur reçoit de Rome sont, à ce qu'il paraît, les mêmes que les nôtres; il dit à Votre Majesté de se charger de l'armée du général Championnet; qu'il se chargera de celle du général Joubert.
—Oui, reprit le roi, et voyez: il ajoute qu'aussitôt que je serai à Rome, il passera la frontière avec cent quarante mille hommes.
—L'avis est positif.
—Le corps de la lettre, reprit Ferdinand avec défiance, n'est pas de la main de l'empereur.
—Non; mais la salutation et la signature sont autographes; peut-être Sa Majesté Impériale était-elle assez sûre de son secrétaire pour lui confier ce secret.