—Je crois que lord Nelson a promis d'être plus qu'un ami pour nous, mon cher sir William: il a promis d'être un allié.
—Et il remplira sa promesse... Tant que lord Nelson et sa flotte tiendront la mer Tyrrhénienne et celle de Sicile, Votre Majesté n'a point à craindre que ses côtes ne soient insultées par un seul bâtiment français; mais, sire, il croit, d'ici à six semaines ou deux mois, recevoir une autre destination; voilà pourquoi il serait utile de ne point perdre de temps.
—On dirait, en vérité, qu'ils se sont donné le mot, dit tout bas le roi au cardinal.
—Et ils se le seraient donné, répondit celui-ci en mettant sa voix au diapason de celle du roi, que cela n'en vaudrait que mieux.
—Votre avis bien sincère, sur cette guerre, cardinal?
—Je crois, sire, que, si l'empereur d'Autriche tient la promesse qu'il vous fait, que, si Nelson garde scrupuleusement vos côtes, je crois, en effet, qu'il vaudrait mieux attaquer et surprendre les Français que d'attendre qu'ils vous attaquassent et vous surprissent.
—Alors, vous voulez la guerre, cardinal?
—Je crois que, dans les conditions où se trouve Votre Majesté, le pis est d'attendre.
—Nelson veut la guerre? demanda le roi à sir William.
—Il la conseille du moins avec la chaleur d'un sincère et inaltérable dévouement.