Deux heures sonnèrent à l'église Sainte-Marie-du-Peuple.
—Major Riescach, dit Championnet au jeune messager, les quatre heures sont écoulées et, à mon grand regret, je n'ai plus le droit de vous retenir.
Le major regarda du côté de Ripetta.
—Attendez vous quelque chose, monsieur? lui demanda Championnet.
—Je suis monté sur un de vos chevaux, général.
—J'espère que vous me ferez l'honneur de l'accepter, monsieur, en souvenir des moments trop courts que nous venons de passer ensemble.
—Ne pas accepter le cadeau que vous me faites, général, ou même hésiter à l'accepter, ce serait me montrer moins courtois que vous. Merci du plus profond de mon coeur.
Il s'inclina, la main sur la poitrine.
—Et, maintenant, que dois-je reporter au général Mack?
—Ce que vous avez vu et entendu, monsieur, et vous ajouterez ceci, que, le jour où j'ai quitté Paris et pris congé des membres du Directoire, le citoyen Barras m'a mis la main sur l'épaule et m'a dit: «Si la guerre éclate, en récompense de vos services, vous serez le premier des généraux républicains chargé par la République de détrôner un roi.»