—Et vous avez répondu?
—J'ai répondu: «Les intentions de la République seront remplies, j'y engage ma parole;» et, comme je n'ai jamais manqué à ma parole d'honneur, dites au roi Ferdinand de se bien tenir.
—Je le lui dirai, monsieur, répondit le jeune homme; car, avec un chef comme vous et des hommes comme ceux-là, tout est possible. Et maintenant, général, veuillez m'indiquer mon chemin.
—Brigadier Martin, dit Championnet, prenez quatre hommes et conduisez M. le major Ulrich de Riescach jusqu'à la porte San-Giovanni; vous nous rejoindrez sur la route de la Storta.
Les deux hommes se saluèrent une dernière fois; le major, guidé par le brigadier Martin et escorté par ses quatre dragons, s'enfonça au grand trot dans la via del Babuino. Le colonel Thiébaut et ses cinq cents hommes regagnèrent par Ripetta le château Saint-Ange, où ils se renfermèrent, et le reste de la garnison, Championnet et son état-major en tête, sortit de Rome, tambours battants, par la porte del Popolo.
L
FERDINAND A ROME
Comme l'avait prévu le général Mack, son envoyé le rejoignit un peu au-dessus de Valmontone.
Le général n'entendit rien de tout ce que lui raconta le major de Riescach, sinon que les Français avaient évacué Rome; il courut chez le roi et lui annonça que sur sa sommation, les Français s'étaient mis immédiatement en retraite; que, par conséquent, le lendemain, il entrerait à Rome et, dans huit jours, serait en pleine possession des États romains.
Le roi ordonna de doubler l'étape, et, le même soir on vint coucher à Valmontone.