—Un habit complet de paysan.

—Vous aurez cela.

—Et, ma foi, Michele, ajouta le jeune homme en riant, le plus beau sabre que tu pourras trouver; choisis-le à ton goût et à ta main, attendu que ce sera ton sabre de colonel.

—Ah! monsieur Salvato, s'écria Michele radieux, comment! vous vous rappelez votre promesse?

—Il est trois heures, dit le jeune homme, tu n'as pas de temps à perdre pour faire tes emplettes; à neuf heures sonnantes, trouve-toi avec le cheval dans la petite ruelle qui est derrière la maison, de plain-pied avec la fenêtre.

—C'est convenu, fit le lazzarone.

Puis, allant à Nanno:

—Dites donc, Nanno, continua Michele, puisque vous voilà seule avec lui, ne pourriez-vous pas arranger les choses de manière que le danger qui menaçait ma pauvre petite soeur soit conjuré?

—Je viens pour cela, répondit Nanno.

—Eh bien, alors, vous êtes une brave femme, parole d'honneur! Quant à moi, continua le lazzarone avec une certaine mélancolie, tu comprends, Nanno, s'il faut absolument, pour que ma soeur soit heureuse, faire la part du diable, eh bien, laisse le bout de ma corde aux mains de maître Donato, et ne t'occupe que d'elle; il y a, du Pausilippe au pont de la Madeleine, des Michele à n'en savoir que faire et des fous à revendre, sans compter ceux d'Aversa; mais il n'y a, dans tout l'univers, qu'une seule Luisa San-Felice. —Monsieur Salvato, votre commission sera faite, et bien faite, soyez tranquille.