Et il sortit à son tour.

Le jeune homme resta seul avec Nanno; il avait entendu ce qu'avait dit Michele.

—Nanno, dit-il, voilà plusieurs fois que j'entends parler de prédictions sombres faites par toi à Luisa; qu'y a-t-il de vrai dans tout cela?

—Jeune homme, répondit-elle, tu le sais: les arrêts du ciel ne sont jamais si clairement expliqués que l'on puisse s'y soustraire; mais la prédiction des astres, confirmée par les lignes de la main, menace celle que tu aimes d'une mort sanglante, et il m'est positivement révélé que c'est son amour pour toi qui causera sa mort.

—Son amour pour moi ou mon amour pour elle? demanda Salvato.

—Son amour pour toi; et voilà pourquoi les lois de l'honneur, comme Français, les lois de l'humanité, comme amant, t'ordonnent de la quitter pour ne jamais la revoir. Séparez-vous l'un de l'autre, séparez-vous pour toujours, et peut-être cette séparation conjurera le sort. J'ai dit.

Et Nanno, ramenant son capuchon sur ses yeux, se retira sans vouloir davantage répondre aux questions ou écouter les prières du jeune homme.

A la porte, elle rencontra Luisa.

—Tu pars, Nanno? lui demanda celle-ci.

—Ma mission est accomplie, répondit la sorcière, pourquoi resterais-je?