—Et ne puis-je savoir ce que tu étais venue faire? demanda Luisa.

—Celui-là te le dira, répliqua Nanno en montrant du doigt le jeune homme.

Et elle s'éloigna de ce même pas silencieux et grave dont elle était entrée.

Luisa, comme fascinée par une vision fantastique, la suivit des yeux; elle la vit traverser le long corridor, franchir la salle à manger, descendre le perron, puis enfin ouvrir la porte du jardin et la tirer derrière elle.

Mais, malgré sa disparition, Luisa demeura immobile; on eût dit que, comme la nymphe Daphné, ses pieds étaient restés attachés à la terre.

—Luisa!... murmura Salvato de sa plus douce voix.

La jeune femme tressaillit; la fascination était rompue. Elle se retourna vers celui qui l'appelait, et, le voyant les yeux brillant d'une flamme inaccoutumée, qui n'était ni celle de la fièvre ni celle de l'amour, mais celle de l'enthousiasme:

—Oh! s'écria-t-elle, malheur à moi, vous savez tout!

—Oui, chère Luisa, répondit Salvato.

—C'est pour cela que Nanno était venue alors?